HomeInvestir sur mesureQu’est-ce que le quantitative easing"? "

Qu’est-ce que le quantitative easing"? "

Le 9 mars dernier, la Banque centrale européenne (BCE) a lancé son programme de "quantitative easing", ou assouplissement quantitatif. De quoi s’agit-il? Quelles en sont les conséquences?

Depuis plusieurs années maintenant, l’Europe et les États-Unis connaissent une croissance très faible. Pour tenter de relancer l’économie, les banques centrales de ces deux zones ont abaissé peu à peu leurs taux directeurs. Ceux-ci constituent la base sur laquelle sont calculés les taux d’intérêt auxquels les banques peuvent emprunter de l’argent. Plus ils sont bas, plus il est simple pour les banques de se financer, ce qui leur permet d’octroyer des crédits aux entreprises et aux particuliers.

Taux proches de 0

Malheureusement, les baisses successives des taux directeurs n’ont pas atteint l’objectif poursuivi: la croissance est restée faible et certains pays ont même présenté l’an dernier un risque de déflation (baisse généralisée des prix pouvant déboucher sur un risque d’aggravation de la situation économique). Or, avec un taux directeur à 0,50%, la BCE ne peut plus vraiment diminuer les taux d’intérêt. Elle a donc essayé une nouvelle stratégie pour relancer l’économie et contrer le risque de déflation.

Vous avez dit "assouplissement quantitatif"?

Le mécanisme de l’assouplissement quantitatif est grosso modo le suivant: la BCE rachète aux banques les obligations d’État qu’elles possèdent. Ce rachat a plusieurs conséquences:

  • Les banques disposent de liquidités supplémentaires. La BCE espère qu’elles inciteront les banques à octroyer plus de prêts aux entreprises et aux particuliers.
  • La loi de l’offre et de la demande implique que ce rachat massif d’obligations d’État augmente leur prix. Comme le taux d’intérêt des obligations dépend de leur valeur faciale, le montant des intérêts ne change pas, alors que le prix des obligations est plus élevé. Du coup, le rendement des obligations diminue, ce qui les rend moins attractives en tant que placement. La BCE espère ainsi que les banques et les particuliers se tourneront vers d’autres formes de placement: les prêts aux entreprises et les achats d’actions.
  • Les liquidités supplémentaires injectées dans l’économie devraient en principe contribuer à l’augmentation des prix, ce qui permettra d’enrayer le risque de déflation.
  • Enfin, la reprise de l’inflation dans la zone euro devrait rendre l’euro moins cher par rapport aux autres monnaies. Ceci devrait faciliter les exportations et donc améliorer la croissance économique.

Quelles conséquences au quotidien?

L’assouplissement quantitatif devrait notamment permettre, au quotidien, de maintenir les taux d’intérêt à un niveau peu élevé. La reprise économique attendue devrait aussi améliorer la situation des entreprises et leur permettre de créer de l’emploi. Ce qui – espère la BCE – devrait permettre de résorber le chômage et d’améliorer les finances publiques. Il est cependant encore trop tôt pour évaluer les effets du "quantitative easing". Il faudra des mois, voire des années, avant qu’ils ne se fassent réellement sentir. Nous saurons à ce moment-là si la politique de la BCE était la bonne et si elle aura permis de sortir l’Europe de la crise dans laquelle elle est enfoncée depuis 2008.