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Présidence de Donald Trump: quelles conséquences pour vos placements?

Donald Trump vient de passer le cap des 100 jours à la Maison Blanche. Mais il reste difficile d’estimer l’impact des décisions qu’il a prises ou s’apprête à prendre, sur l’économie – tant aux USA que dans le monde.

En économie comme en politique, cent jours peuvent représenter une fraction de seconde ou une éternité. Dans le cas du nouveau président américain, il sera sans doute plus juste de parler de fraction de seconde. Même si les États-Unis sont un régime présidentiel, la plupart des mesures décidées par le président nécessitent l’aval du Congrès avant de devenir effectives. Et puisque le programme de l’ancien homme d’affaires ne fait pas l’unanimité au sein de son parti, les réformes qu’il s’est engagé à prendre mettront encore un certain temps à entrer en vigueur. Leurs conséquences ne seront donc perceptibles que d’ici plusieurs mois, voire plusieurs années.

Un président protectionniste?

Coutumier des déclarations fracassantes, Donald Trump a critiqué à de nombreuses reprises les traités d’échanges internationaux conclus par les États-Unis. Il a ainsi signé l’arrêt de mort du TPP, le traité de libre-échange transpacifique que son prédécesseur négociait. Il a également annoncé son intention de renégocier le traité qui institue l’ALENA, la zone de libre-échange nord-américaine qui regroupe le Canada, le Mexique et les États-Unis. Le TTIP, dont on a beaucoup parlé l’an dernier, semble lui aussi déplaire au président. Par ailleurs, il a indiqué son intention d’imposer des droits de douane aux importations chinoises et a fait pression sur plusieurs entreprises américaines pour qu’elles ne délocalisent pas leur production, voire qu’elles la rapatrient aux pays. L’abandon du TPP ne changera pas la situation, puisqu’il n’était pas encore en vigueur. Quant aux autres mesures, elles n’ont pas encore été prises ni précisées. Il est donc difficile d’en prévoir les conséquences. Les entreprises américaines ne sont, pour leur part, pas opposées au rapatriement de leurs activités. En effet, le président leur a fait miroiter un cadeau important: une réforme fiscale qui leur sera favorable.

Une réforme fiscale ambitieuse… mais imprécise

Quelques jours avant la clôture de son 100e jour de présidence, Donald Trump a esquissé les contours de la réforme fiscale qu’il entend mener. Parmi ses mesures phare, une baisse drastique du taux d’impôt des sociétés à 15% (le plus bas de l’OCDE), qui devrait satisfaire les entreprises. Il veut aussi diminuer et simplifier le barème d’imposition des personnes physiques. Il a également indiqué que les personnes physiques ne seraient plus imposées sur leur revenu mondial, comme c’est le cas aujourd’hui. Si ces mesures semblent plutôt positives pour l’économie, d’autres sont plus controversées comme celle octroyant des crédits d’impôts aux plus riches. Plus important: cette réduction de la pression fiscale doit être financée. Il faudra donc soit couper dans le budget fédéral, ce que le président a indiqué être prêt à faire, soit recourir à des emprunts massifs. Ces deux options auront un impact négatif sur l’économie, qu’il est difficile de quantifier. Pour être qualifiée de succès, la réforme fiscale devra dès lors présenter plus de conséquences positives que négatives.

Une situation économique favorable…

Un facteur joue en faveur du président américain: depuis plusieurs mois, la reprise américaine se confirme. Le pays est désormais proche du plein emploi et la Réserve fédérale – la banque centrale américaine – vient de relever son taux directeur pour ralentir un peu l’économie et éviter le retour de l’inflation. Elle prévoit une autre hausse en 2O17 et d’autres encore en 2018, si du moins l’économie continue à évoluer dans la même direction.

… mais une présidence potentiellement désastreuse

L’incertitude règne cependant: quel sera l’effet global de l’ensemble des politiques initiées par Donald Trump? À l’heure d’écrire ces lignes, la Chambre des représentants a approuvé sa réforme controversée de l’Obamacare, le système de sécurité sociale obligatoire mis en place par le président Obama. Si cette réforme passe le cap du Sénat, de nombreux citoyens américains fragilisés perdront au change. Difficile, pour le moment, d’estimer les conséquences de cette décision sur l’économie.

Incertitude

La même question se pose au sujet de toutes les politiques annoncées par le président. En effet, tant sa réforme fiscale que son attitude protectionniste pourraient se retourner contre l’économie américaine. Le dynamisme du système économique suffira-t-il alors à absorber le choc? Ou ces politiques auront-elles, au contraire, un effet positif? À ce stade, il est difficile de tirer des conclusions et encore moins de se livrer à des prévisions réalistes. Il faudra donc attendre encore, sans doute plusieurs mois, avant que les économistes ne puissent réellement se prononcer. Il est difficile pour eux de se lancer des estimations tant que les détails exacts des différentes politiques ne sont pas connus. Nous ne manquerons pas de vous tenir informé de l’évolution de ce dossier.