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Le certificat PEB à la loupe

Depuis quelque temps déjà, toute maison ou tout appartement à vendre ou à louer doit disposer d’un certificat PEB (performance énergétique des bâtiments). Mais de quoi s’agit-il exactement? Que comporte ce certificat? Et pourquoi est-il si important?

 

Pour vous dévoiler tous les secrets du certificat PEB, nous avons fait appel à deux experts en énergie (provenant respectivement de Wallonie et de Flandre) habilités à délivrer un tel certificat: David Bigot, de la société Econologik, et Eric Ladang, de la société Elacon.

"Le certificat PEB est en quelque sorte le passeport d’un immeuble. Il indique dans quelle mesure la consommation d’énergie de cet immeuble est économique ou non", explique d’emblée David Bigot. "Le certificat reprend un chiffre qui traduit la consommation annuelle de l’immeuble en kilowattheures par mètre carré. Plus ce chiffre est bas, meilleure est la performance."

"Ce score tient compte d’énormément de paramètres", complète Eric Ladang. "Les valeurs d’isolation du sol, des murs et du toit, le type de vitrage utilisé, la méthode de production de chaleur, l’installation sanitaire, la production d’eau chaude, etc. Toutes ces données sont introduites dans un logiciel qui calcule ensuite la valeur finale reprise sur le certificat PEB."

Score PEB: de A++ à G

"En Wallonie, la valeur reprise sur le certificat est accompagnée d’une lettre, un peu comme les labels énergétiques octroyés aux frigos et congélateurs", précise David Bigot. " Les lettres vont de A à G. Le A correspond à une maison passive et le G à une maison avec une très mauvaise consommation d’énergie. Il est même possible d’attribuer les lettres A+ et A++ aux maisons qui génèrent plus d’énergie qu’elles n’en consomment, par exemple grâce à la présence de panneaux solaires sur leur toit. Mais aujourd’hui, en Belgique, une maison moyenne se situe entre D et E : il y a encore du travail. »

Pour calculer ce qu’une maison ‘consomme’ et comparer son résultat avec celui d’autres maisons, il faut partir d’une valeur de référence identique pour tous les immeubles. Et, bien entendu, pour que cette référence soit partout la même, elle ne doit pas être liée aux préférences des résidents. Certaines personnes apprécient une température intérieure de 17 degrés, alors que d’autres ne peuvent vivre en-dessous de  22. Par conséquent, en Wallonie comme en Flandre, le score se base sur la quantité d’énergie nécessaire pour chauffer un bâtiment tout au long de l’année à une température de 18 degrés Celsius.

Améliorer le score PEB d’une habitation

Dans toutes les régions du pays, un certificat PEB est valable pendant 10 ans. "Pour le moment, ce document constitue avant tout un outil de sensibilisation", précise Eric Ladang. "Il donne aux acheteurs et aux vendeurs une idée de la performance énergétique d’un bâtiment, mais n’est encore lié à aucune réelle obligation d’amélioration du score. Il est toutefois probable que cela change à l’avenir. Les propriétaires d’une maison ayant un mauvais score PEB devront alors effectuer des travaux d’optimisation et de rénovation pour augmenter leur score."

Et puisqu’on parle de travaux, lesquels vaut-il mieux réaliser pour améliorer rapidement sa performance énergétique? “Chaque certificat reprend non seulement un score, mais aussi des recommandations personnalisées pour les propriétaires de maisons et appartements", précise Eric Ladang. “La règle générale veut qu’il est préférable de s’attaquer d’abord à la consommation d’énergie de l’habitation, puis de penser à la production d’énergie. Vous devez donc commencer par bien isoler votre maison, tant au niveau des sols que des murs et du toit. L’isolation vous permettra, d’une part,  d’éviter de subir des pertes thermiques en hiver et, d’autre part, de surchauffer votre bâtiment en été. De cette façon, lorsqu’il fait très chaud dehors, vous ne devrez pas recourir à un système de climatisation qui aura la fâcheuse tendance à gaspiller de l’énergie. Vous pouvez partir du principe qu’une bonne isolation vous permettra de faire des économies de 25 à 30% sur votre facture d’énergie. C’est donc un must. Si vous décidez ensuite d’optimiser votre installation de chauffage, vous pourrez encore compter sur une économie supplémentaire de 15 à 20%."

Frais versus profit

"Techniquement parlant, il est tout à fait possible d’adapter une maison de façon telle qu’elle passe d’un score B à un score A", ajoute David Bigot. "Mais l’investissement que vous devrez consentir pour y parvenir est trop important comparé au petit profit que vous pouvez en retirer pour votre consommation. Dans le cas de maisons ayant un très mauvais score PEB (G, par exemple), de nombreux travaux d’envergure seront nécessaires, mais leur impact sur la consommation d’énergie sera considérable, et ils seront donc directement rentables. Dans ce cas précis, il est bien sûr judicieux d’investir dans de tels travaux. Si, en tant qu’acheteur potentiel, vous hésitez entre deux maisons de même prix, mais que l’une posséde un label B et l’autre un G, il n’y a pas à hésiter. Je recommanderais à n’importe qui de choisir la première!"

Mais au fait, que coûte un certificat PEB ? L’écart entre les régions n’est guère énorme. "Pour un appartement nécessitant environ 30 minutes de travail, il faut compter entre 150 et 250 euros”, précise David Bigot. "Pour une maison classique, à laquelle un expert consacrera 1 heure, le prix variera entre 300 et 450 euros." Les tarifs sont comparables dans le nord du pays, d’après Eric Ladang. Même si dans certains cas, une correction des prix ne serait pas une mauvaise chose pour garantir la qualité des certificats délivrés. "Depuis janvier, les protocoles d’inspection sont élargis et on peut se baser sur des prix de départ d’environ 200 euros pour les appartements et 340 euros pour les maisons."

De véritables experts?

"Sur le plan des diplômes également, il existe des différences entre les régions", estime Eric Ladang. "En Wallonie, il faut au minimum posséder un graduat en construction pour pouvoir délivrer des certificats PEB. Ce n’est le cas ni à Bruxelles, ni en Flandre. C’est triste à dire, mais on n’a aucune réelle garantie de qualité lorsqu’on fait appel à un spécialiste PEB. Une liste d’experts est bien disponible sur le site de l’agence flamande de l’énergie, mais pour tomber sur un vrai spécialiste, il faut avoir de la chance. J’ai déjà entendu parler de prétendus experts qui donnent des certificats sans visiter le bâtiment, mais uniquement après un entretien par téléphone. Ce n’est évidemment pas la méthode à employer pour délivrer un certificat de qualité."

Tableau comparatif Wallonie – Bruxelles – Flandre

Wallonie

Bruxelles

Flandre

Durée de validité
du certificat

10 ans

10 ans

10 ans

Formation d’expert

Minimum un graduat en construction. Examen complémentaire.

Aucune qualification minimum requise mais examen à réussir. Examen central à partir de 2013.

Aucune qualification minimum requise mais examen à réussir.
Examen central à partir de 2013.

Logiciel

Développé par l’Université de Louvain-la-Neuve et le CSTC.

Basé sur le programme néerlandais Builddesk.

Basé sur le programme néerlandais Builddesk.

Recommandations en matière d’économie d’énergie?

Oui

Oui

Oui

Label

Chiffre: kWh/(m2 x an) et lettres (de A à G)

Chiffre: kWh/(m2 x an)

Chiffre: kWh/(m2 x an)

Valeur de référence pour la température intérieure

18° Celsius tout au long de l’année

18° Celsius tout au long de l’année

18° Celsius tout au long de l’année

Merci à Luc Brees, expert en énergie