HomeGérer mon argentLa cohabitation? Oui, mais pas les yeux fermés!

La cohabitation? Oui, mais pas les yeux fermés!

C’est l’amour fou et vous rêvez d’emménager avec l’élu(e) de votre cœur? Prenez malgré tout quelques précautions pour vous mettre à l’abri en cas de rupture.

Un logement, deux locataires

Louer ou acheter une habitation est une étape qui vous liera un peu plus et vos droits et devoirs seront bien différents que vous soyez cohabitants légaux ou de fait.

Si, peu après avoir emménagé, vous faites une déclaration de cohabitation légale auprès de votre administration communale, vous serez considérés comme colocataires même si le bail n'a été signé que par l'un d'entre vous.

Par contre, si vous ne déclarez pas cette cohabitation à la commune (cohabitation de fait), la personne qui a signé le contrat de bail possèdera tous les droits (et devoirs!), même celui de mettre son partenaire à la porte...

Pour être à l’abri, il sera donc plus judicieux que chacun signe le bail, ce qui garantira un droit d’occupation du logement. Le propriétaire peut aussi vous demander d’inclure une clause de solidarité dans le bail. Cette clause est à double tranchant: en cas de départ, vous resterez néanmoins solidaire du paiement du loyer (même si vous pourrez ensuite vous retourner contre votre ancien partenaire devant le juge).

Un couple, trois comptes

Une fois installés, comment régler vos factures communes?

Le meilleur moyen d’éviter tout désagrément en cas de séparation est d'ouvrir un compte commun à partir duquel vous paierez vos factures fixes et récurrentes (loyer, gaz et électricité, Internet, taxes, remboursement d’un crédit, etc.). Vous y verserez chacun votre participation aux frais communs. En parallèle, vous conservez naturellement votre compte personnel pour vos propres dépenses. Rappelez-vous qu’un compte à vue n’est pas l’autre: tous ne sont pas gratuits et il vaut donc mieux comparer les tarifs afin d’éviter les frais inutiles.

Bien sûr, cette solution n’est pas obligatoire. Sachez qu’il existe aussi de nombreuses applications qui vous faciliteront la vie si vous décidez de ne pas ouvrir de compte commun.

Ta table, mes chaises

Qu’en est-il du mobilier et des achats importants (électroménager, etc.)? De manière générale, si vous voulez vraiment éviter les disputes en cas de rupture, il vaut mieux effectuer les achats séparément. Tout identifier simplifiera l’éventuelle séparation.

"Je peux t’emprunter 8.000 euros?"

Dans un couple, se prêter de l’argent peut sembler naturel, mais c’est en réalité un sujet délicat. Les petits prêts du quotidien ne sont bien sûr pas un problème. Par contre, prenez vos précautions pour les montants plus importants: préparez un document écrit qui mentionnera le montant prêté et prévoira un plan de remboursement. Cela vous permettra de revoir votre argent en cas de séparation. Ce conseil vaut d’ailleurs même si vous n’habitez pas ensemble: les prêts entre amis ou dans la famille peuvent eux aussi devenir sources de conflit. Mieux vaut se prémunir pour éviter les ennuis.

"L’année prochaine, on part aux Bahamas"

Pour votre épargne, soit vous décidez d’épargner chacun de votre côté, soit vous ouvrez un compte épargne commun. La première solution vous évitera tout problème en cas de séparation. En effet, un compte commun peut toujours être vidé par l’un de ses titulaires.

Dans les deux cas, fixer un objectif d’épargne créera un sentiment de partenariat et vous aidera à rester sur la même ligne financière.

Une union libre "officialisée"

Enfin, sachez qu’il est possible, sans devenir cohabitants légaux, de rédiger (devant notaire) un contrat de vie commune. Ce document vous permettra de régler une série de détails financiers et d’ainsi prévoir des solutions aux éventuels conflits qui pourraient naître durant la vie commune ou à sa fin.