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L’épargne-pension en Europe

Le vieillissement de la population frappe l’Europe de plein fouet et les pouvoirs publics manquent cruellement d’argent.

Un constat pour le moins accablant… Conclusion: si vous voulez bénéficier d’une pension confortable pour vos vieux jours, autant vous en charger vous-même. Et ce, le plus tôt possible. Le Belge l’a bien compris, mais qu’en est-il de ses voisins?

Trois piliers

La pension que vous recevrez, peut être scindée en trois piliers différents. Le premier est la pension légale que les pouvoirs publics vous alloueront. Vient ensuite la pension complémentaire financée conjointement par le travailleur et l’employeur, qui constitue le deuxième pilier. Le troisième, résulte pour sa part des formules individuelles d’épargne-pension souscrites volontairement par les citoyens et encouragées fiscalement par les pouvoirs publics.

Le Belge est un bon épargnant

Près d’un Belge sur trois âgé entre 18 et 67 ans – soit 2,3 millions de personnes au total – se constitue une épargne-pension. Ces chiffres, les plus récents dont nous disposons, sont tirés de la ‘statistique fiscale des revenus’ de l’exercice d’imposition 2009. Cette forme d’épargne est surtout populaire dans le nord du pays.

L’Allemagne au sommet

L’épargne-pension personnelle est également encouragée à l’étranger. Mais tous les systèmes ont leurs spécificités et les comparer n’est donc pas chose aisée. ‘En fait, ils ne présentent guère de similitudes, si ce n’est que chaque pays d’Europe paie des pensions’, explique le professeur Yves Stevens, de la faculté de droit de la K.U. Leuven. ‘Il n’existe par exemple aucun pays où le troisième pilier est autant encouragé qu’en Belgique. Notre pays s’apparente même à un vrai paradis fiscal à ce niveau. Aux Pays-Bas, ces formules de pension complémentaire sont taxées de la même manière que les pensions légales. Seul un système semble encore plus intéressant que le nôtre: le Riester-Rente en Allemagne. Il s’agit en fait d’une sorte de mélange des deuxième et troisième piliers. Chez nos voisins , tous ceux qui n’ont pas de pension complémentaire peuvent constituer un troisième pilier d’une façon très avantageuse. Mais ce système est aujourd’hui remis en cause, car l’avantage fiscal octroyé coûte énormément d’argent aux pouvoirs publics.’

L’allocation de logement des pays scandinaves

D’après le professeur Stevens, il est également très compliqué de comparer les statistiques relatives au pourcentage de la population épargnant pour sa pension. ‘D’ailleurs, qu’est-ce que l’épargne-pension? Le système utilisé en Grande-Bretagne, par exemple, n’a rien à voir avec le nôtre. Dans quasiment tous les pays, des éléments très différents entrent en jeu. Prenez les pays scandinaves: la majorité des retraités y bénéficie d’une sorte d’allocation de logement. Ce principe n’existe pas chez nous, dans la mesure où la plupart des Belges ont pu acquérir leur propre habitation grâce à la fiscalité avantageuse des emprunts hypothécaires. Mais si on établit un classement des pays, la Belgique se situe plutôt en queue de peloton, parce que cette allocation est comptabilisée pour les pays scandinaves.’

Des rêves pour l’Europe

Herman van Rompuy, Président du Conseil européen, rêve d’une grande réforme des pensions qui harmoniserait les systèmes au niveau de l’Union. Mais le chemin est encore long et parsemé d’embûches, comme c’est le cas pour l’uniformisation des régimes fiscaux, eux aussi très différents les uns des autres.