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Job étudiant: à quelles limites faire attention?

L’été est arrivé, et avec lui la possibilité pour les jeunes de trouver un job étudiant et de se constituer un petit pécule. Quelles sont les limites à ne pas dépasser pour éviter les ennuis administratifs ou fiscaux?

Au moment d’accepter un job étudiant, il faut rester conscient de certains plafonds et bien comprendre les conséquences d’un éventuel dépassement. En Belgique, des limites existent sur trois plans:

  • les cotisations de sécurité sociale
  • les allocations familiales
  • l’impôt des personnes physiques

Les cotisations de sécurité sociale et la "règle des 50 jours"

Durant les 50 premiers jours de travail étudiant, les jobistes – et leur employeur – bénéficient de cotisations sociales réduites. Pour l’étudiant, la cotisation personnelle de sécurité sociale est ainsi ramenée à 2,71% (au lieu de 13,07%). Passée cette limite, l’étudiant et son employeur doivent payer le plein tarif, soit 13,07% pour le jeune et jusqu’à plus de 25% pour l’employeur. Voilà qui rend la rémunération nettement moins intéressante et le jobiste nettement plus coûteux pour son employeur.
Il existe une exception à cette règle: l’emploi comme travailleur occasionnel dans le secteur horeca. L’étudiant qui choisit ce genre de travail bénéficie – sous certaines conditions – de 50 jours supplémentaires de cotisations réduites.

Pour savoir où il en est dans le respect de la "règle des 50 jours", l’étudiant peut télécharger sur son smartphone l’application Student@Work où il pourra consulter son solde de jours.

Les allocations familiales et la limite du temps de travail

Les allocations familiales constituent un coup de pouce financier pour aider les parents à assurer l’éducation et la formation de leur enfant. Corollaire: pour en bénéficier, il faut que le jeune reste scolarisé à temps plein. La réglementation sur les allocations familiales prévoit donc que:

  • durant l’année scolaire, l’adolescent ou le jeune adulte ne peut pas travailler plus de 240 heures par trimestre.
  • pendant les grandes vacances, il n’y a aucune limite particulière puisque les cours sont suspendus.
  • après la fin de ses études, le jeune diplômé peut travailler en juillet, août et septembre, mais reste soumis à la limite des 240 heures.
  • après son inscription comme demandeur d’emploi, le jeune doit attendre 12 mois avant de percevoir des allocations de chômage (stage d’attente). S’il travaille moins de 240 heures par trimestre ou gagne moins de 520,08 euros brut par mois, il peut continuer à percevoir ses allocations familiales.

Les impôts: une double limite

Pour l’impôt des personnes physiques, la limite est double:

  • D’une part, l’étudiant bénéficie d’une exonération d’impôt sur ses revenus – comme tout citoyen d’ailleurs – tant que ses revenus imposables de l’année ne dépassent pas, au total, 7.380 euros net ou 9.458,95 euros brut (revenus de 2015 – exercice d’imposition de 2016). Lorsque ses revenus dépassent cette limite, l’étudiant sera soumis à l’impôt des personnes physiques.
  • D’autre part, l’étudiant est souvent encore considéré comme fiscalement "à charge" de ses parents. Mais pour le rester, ses revenus doivent être inférieurs à 3.120 euros net (3.900 euros brut) s’il est à charge des deux parents (si ses parents sont fiscalement considérés comme conjoints mariés ou cohabitants légaux) et à 4.500 euros net (5.625 euros brut) s’il est à charge d’un parent isolé. Les revenus d’un job étudiant n’entrent pas dans le calcul à concurrence de 2.600 euros net (3.250 euros brut).

Prudence

Mieux vaut donc s’assurer que ces limites ne sont pas dépassées. Les plus lourdes de conséquences sont celles pour les allocations familiales (la perte de ces allocations représente un trou dans le budget bien plus élevé qu’un salaire de jobiste) et celles liées au statut d’enfant à charge (la perte fiscale peut être importante pour les parents). Il convient donc de redoubler de vigilance avant de s’engager!