HomeEmprunterIsolation: par où commencer?

Isolation: par où commencer?

Beaucoup d’habitations anciennes sont encore mal isolées et l’augmentation des coûts de l’énergie pousse de nombreux propriétaires à investir dans l’isolation de leur logement. Mais par où commencer et à quoi faire attention?

Isolation: par où commencer?

Pour David Bigot, certificateur/responsable PEB et auditeur thermographie chez econologiK, les travaux d’isolation visent, dans un premier temps, à limiter les déperditions de chaleur les plus évidentes.

Isoler le toit avant tout?

"En principe, l’investissement le plus rentable est l’isolation de la toiture", explique-t-il. "En effet, l’air chaud a tendance à monter et si la toiture est mal isolée, les déperditions de chaleur y seront importantes. La nature des travaux à effectuer dépend du type de toiture – inclinée ou plate – mais l’idée est de placer un matériau isolant (comme de la laine minérale) dans le toit ou sur le plancher de combles non utilisés. Pour une toiture inclinée, l’accès peut également se faire par l’extérieur afin d’éviter de lourds travaux. Suivant les normes PEB en vigueur, la résistance thermique (R) doit être supérieure ou égale à 4. Cela correspond à une couche de laine minérale d'en moyenne 18 à 20 cm d'épaisseur."

Isoler le sol s’il est accessible par-dessous

Une fois la toiture isolée, un autre investissement efficace, selon notre expert, est l’isolation du sol. "Au rez-de-chaussée, les déperditions de chaleur se situent souvent au niveau des tuyaux de chauffage noyés dans la chape. Bien isoler le sol permet donc de réduire sérieusement votre facture de chauffage. Mais pour que le budget nécessaire aux travaux d’isolation reste raisonnable, il faut que le sol soit accessible par-dessous. C’est le cas si le garage ou la cave se situe sous le rez-de-chaussée et que la hauteur au sol est suffisante pour installer des plaques ou pulvériser un isolant de type PUR. Une épaisseur d’au moins 8 cm marquera la différence et chassera toute impression de sol froid. Si la hauteur n’est pas suffisante, il faudra casser la chape existante et l’investissement sera dès lors nettement plus important."

Portes et fenêtres

"Pensez aussi aux portes et fenêtres", poursuit David Bigot. "Le pouvoir isolant des vitrages est mesuré par le coefficient de transmission thermique (U). Sans entrer dans les détails, ce coefficient indique la déperdition de chaleur moyenne par degré Celsius de différence entre l’intérieur et l’extérieur. Avec un simple vitrage, ce coefficient est de 5,6: chaque mètre carré de surface vitrée perd 5,6 Watts par degré Celsius de différence. Autrement dit, si la température intérieure de votre maison est de 20 degrés et que dehors, il fait 10 degrés, vos vitres perdent 56 Watts par mètre carré. Le coefficient U des doubles vitrages les plus récents est de 1 et celui des triples vitrages des maisons passives, de 0,6. Le remplacement des châssis peut se faire rapidement, mais l’investissement est plus important que pour l’isolation du toit. Comptez 600 à 800 euros par mètre carré. À titre de comparaison, un rouleau de 3 mètres carrés de laine de verre revient environ à 60 euros."

"L’étape suivante, si vous voulez isoler complètement votre logement, est l’isolation des parois verticales", poursuit notre expert. "Sachez toutefois qu’il s’agit d’un investissement plus coûteux. Or, ce n’est en général pas la principale source de déperditions de chaleur. Par ailleurs, si vous avez rendu votre maison plus étanche en remplaçant les châssis, vous rencontrerez un problème plus important à régler: la ventilation."

Ventilation obligatoire

"Une fois votre toiture isolée et vos fenêtres et – éventuellement – vos portes remplacées, votre logement sera quasi étanche"”, explique David Bigot. "Or, la circulation de l’air est très importante. En effet, la vie à l’intérieur charge l’air d’humidité: votre respiration et l’humidité produite dans la salle de bains, la buanderie et la cuisine contribuent à augmenter le degré d’hygrométrie de l’air. En cas de mauvaise étanchéité, l’air circule et cette humidité est évacuée. Mais après les travaux d’isolation, l’air chaud et humide reste à l’intérieur. Il se produit alors un phénomène de condensation lorsque cet air rencontre des surfaces froides: mur mal ou non isolé, ancien châssis, coin jouxtant un mur pignon, plafonds sous des combles… Au bout de deux ou trois ans, cette condensation causera des problèmes d’humidité: papier peint ou plâtre humide et développement de moisissures. Sachez qu’une fois que les moisissures sont installées, il est très difficile de les faire partir!"

Chauffer l’eau avec l’air vicié?

Pour éviter cette humidité, notre expert recommande donc d’installer un système de ventilation. "Cela peut prendre la forme de ventilateurs, automatisés ou non, dans les pièces les plus humides comme la cuisine et la salle de bains. Mais ce système n’est pas idéal, car il occasionne des déperditions de chaleur. Un système centralisé est plus efficace, parce qu’il permet de chauffer l’air entrant dans un échangeur grâce à l’air sortant. Mieux encore: vous pouvez opter pour une pompe à chaleur qui utilisera l’air vicié pour chauffer votre eau chaude sanitaire. Un tel système coûte entre 7.000 et 9.000 euros, alors que l’investissement relatif au système de ventilation contrôlée est de 10.000 à 15.000 euros. De plus, la pompe à chaleur vous permet d’économiser de l’énergie et de rembourser l’installation en 6 à 7 ans, alors qu’elle a une durée de vie de 25 ans."

Et ensuite?

Lorsque vous aurez isolé et ventilé votre habitation, vos besoins en chauffage diminueront drastiquement. "Mais vous vous trouverez face à un autre problème: la chaudière. Il y a encore quelques années, la plupart des chaudières étaient dimensionnées selon le volume à chauffer et le choix dépendait de l'expérience du chauffagiste, sans tenir compte de l’isolation du logement. Peu importait la dépense, le principal était que vous n'ayez jamais froid. Le surdimensionnement était très fréquent", explique le spécialiste. "Exemple: si vos besoins ont été estimés à 30 kW, vous avez sans doute fait installer une chaudière de 40 kW. Mais après les travaux d'isolation, vos besoins passeront sous la barre des 20 kW. Si votre chaudière au gaz est modulante, pas de problème, elle s’adaptera au mieux. Mais si elle n’est pas modulante ou s’il s’agit d’une ancienne chaudière au mazout, vous vous retrouverez avec une chaudière volumineuse qui démarrera souvent pour des phases très courtes. Pour faire diminuer votre consommation, vous n’aurez d’autre choix que de la remplacer. Veillez donc à faire coïncider la fin de vos travaux d’isolation avec la fin de vie de votre chaudière. Une nouvelle chaudière vous coûtera entre 6.000 et 7.000 euros et sera rentabilisée en 5 ou 6 ans."